20 mar. 2026Bünendeeg
Les arts de la scène s’invitent au Luxembourg jusqu’au 27 mars ! La Theater Federatioun met le spectacle vivant à l’honneur avec les Bünendeeg. Sascha Dahm, président de la fédération et Pablo Chimienti, son directeur, partagent leur vision de l’événement.
Pendant une semaine, les Bünendeeg célèbrent la vitalité et la diversité du théâtre et de la danse. Ni festival, ni programmation centralisée : « C’est vraiment un temps fort : il n’y a pas de curation artistique », explique Pablo Chimienti.
L’initiative repose sur un principe simple : mobiliser les vingt-quatre membres de la Theater Federatioun, qui vont des théâtres aux centres culturels et aux compagnies. « Chacun reste libre de sa programmation, mais est invité à proposer un projet marquant, qu’il s’agisse d’une création ou d’une reprise de la saison », ajoute-t-il. Les Bünendeeg permettent également de croiser les regards et d’explorer différentes pratiques artistiques avec des ateliers, des échanges avec les artistes, des répétitions ouvertes, des tables rondes, des conférences…
Une scène luxembourgeoise plurielle
Le projet vise à embrasser l’ensemble des arts vivants. « En tant que Theater Federatioun, nous évoquons tout autant le théâtre que la danse et tous les arts de la scène dans leur ensemble », insistent de concert Sascha Dahm et Pablo Chimienti. La scène luxembourgeoise est riche, mais encore inégalement représentée : « Beaucoup de pièces de théâtre et de danse sont produites au Luxembourg, mais trop peu d’opéras et très peu de spectacles de marionnettes ou de théâtre d’objets », note le directeur. Pendant les Bünendeeg, « nos membres actifs proposent des événements simultanés, sans parcours imposé et répartis sur tout le territoire : de Marnach à Esch-sur-Alzette, en passant par Mersch ou Dudelange ».
À cette programmation s’ajoutent des initiatives portées directement par la fédération. Le mardi 24 mars, une conférence-lecture intitulée « Pères et fils dans le théâtre de Pasolini » sera donnée par Raoul Precht, auteur luxembourgeois qui a récemment publié sur le sujet. Une introduction en français précédera la projection d’un classique du cinéma lié à l’univers théâtral, The Producers de Mel Brooks, le vendredi 27 mars, à la Cinémathèque – Théâtre des Capucins.
Sensibiliser les spectateurs
Au cœur du dispositif : des répétitions ouvertes, des bords de plateau et des rencontres avec les artistes, qui enrichissent l’expérience des spectateurs. L’enjeu est de taille : selon une étude récente, 55 % de la population luxembourgeoise n’a pas fréquenté de théâtre au cours des douze derniers mois, et plus de 80 % n’ont pas assisté à un spectacle de danse. Cela peut paraître beaucoup. « Il y a encore beaucoup de public à convaincre », constate Sascha Dahm.
La première édition l’année dernière, conçue comme une « version zéro », a permis de révéler la richesse du paysage artistique luxembourgeois.
« Beaucoup ont découvert qu’il existait une diversité de théâtres et de compagnies dans un si petit pays. Il s’agit de faire découvrir la diversité de notre scène nationale », précise Sascha Dahm. « Cette démarche soulève aussi une question centrale : quel théâtre pour le public et quel public pour le théâtre ? », thème de la conférence du 23 mars à neimënster avec Klaus Speidel et le comédien Stanislas Roquette.
Une scène en mutation
Dans un contexte marqué par les crises sociales et politiques, la création théâtrale aborde de plus en plus directement les enjeux de société. « Le théâtre reflète les sujets qui traversent notre quotidien comme le racisme, l’identité et la versatilité de l’existence », souligne Sascha Dahm.
Portée par une nouvelle génération, la scène luxembourgeoise connaît également un renouveau de l’écriture dramatique. Les spectacles se déclinent en luxembourgeois, en français, en allemand ou en anglais, parfois au sein d’une même œuvre. « C’est à l’image du pays », remarque Pablo Chimienti, qui ajoute: « Ce dynamisme est aussi le fruit d’une professionnalisation progressive du secteur. On en parle depuis 20 ou 30 ans, mais la scène luxembourgeoise comptait encore beaucoup de bénévoles il y a quelques années. Aujourd’hui, elle se structure progressivement. »
Après Rio, Luxembourg !
Le 27 mars, la Journée mondiale du théâtre est célébrée dans le monde entier par les Centres ITI (International Theatre Institute). Cette année, le Luxembourg en accueille une délégation composée d’une vingtaine de représentants de centres ITI, principalement d’Europe, mais aussi d’Afrique, d’Asie et d’Océanie. Pendant trois jours, conférences et tables rondes sur les thèmes «Beyond Entertainment: Theatre as Responsibility» et «Seeing Forward: Theatre and the Courage to Imagine» permettront de réfléchir à la place du théâtre dans notre société.
Au cœur de cette journée, la diffusion du message international de la Journée mondiale du théâtre permettra à une personnalité éminente des arts vivants de partager ses réflexions sur le spectacle vivant et la paix entre les peuples. Cette année, c’est l’acteur Willem Dafoe qui interviendra à distance. Après Rio de Janeiro l’an dernier, c’est donc la capitale luxembourgeoise qui accueille cette grande manifestation mondiale, marquant une étape symbolique pour la scène théâtrale du pays.
La Theater Federatioun, ou FLAS, est la Fédération Luxembourgeoise des Arts de la Scène. Elle regroupe les théâtres, les centres culturels qui produisent et accueillent des créations théâtrales et chorégraphiques, ainsi que plusieurs compagnies professionnelles.
Dans le cadre des Bünendeeg, du 20 au 27 mars 2026, toutes les manifestations organisées par la Fédération sont gratuites, sur réservation.
Programme sur www.theater.lu
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