Veda Bartringer

12 avr. 2024
Veda Bartringer

© Mara Lippolis
Article en Français
Auteur: Pablo Chimienti

La jeune compositrice et guitariste de jazz grand-ducale, Veda Bartringer, sort son premier album, Deep Space Adventure, le 19 avril prochain. Une galette 11-tracks, instrumental, easy listening, sur un voyage dans l’immensité sidérale.

Pour ceux qui n’étaient pas au Like A Jazz Machine l’an dernier et n’ont pas encore découvert le Veda Bartringer Quarter, pouvez-vous nous le présenter ?

Veda Bartringer : C’est un projet que j’ai créé en 2021 pour mon master car en fait, la fin du cursus de guitare jazz que j’ai suivi à Bruxelles, c’est vraiment pour apprendre comment créer et gérer un groupe, comment composer et comment présenter ses compositions. C’est dans ce cadre-là que j’ai créé le Veda Bartringer Quarter. Dès le début, je me suis dit que quitte à monter un groupe, je voulais monter un groupe qui ait du sens et que je pourrais garder après la fin des études. C’est pour ça que j’ai demandé à des amis, des gens avec qui j’ai étudié là-bas de former ce quartet avec moi. Il y a le batteur Maxime Magotteaux, le saxophoniste belge Julien Cuvelier, qui habite maintenant au Luxembourg, et le contrebassiste luxembourgeois qui habite, lui, en Belgique, Boris Schmidt.

Les amis c’est bien, mais pour monter un band, il faut aussi une entente musicale…

…Bien sûr. C’était très important pour moi de monter ce quartet avec des gens avec qui je m’entends bien musicalement et qui sont proches de moi. Le batteur est d’ailleurs mon copain, ce qui est bien pratique quand, le soir, j’ai une idée et je lui demande de vite jouer un truc pour l’enregistrer et ne pas l’oublier. Pour les autres, j’adore comme Julien joue du saxophone, j’adore le son qu’il a; même chose pour Boris et sa contrebasse, j’adore son énergie. Je voulais avoir un son chaleureux qui englobe l’auditeur. Quand nous jouons les quatre ensembles, ça donne une ambiance très familiale. Et j’adore ça.

 

« Je préfère composer de la musique qui fait danser, qui donne un rythme (…) qui reste accessible à tout le monde »

 

S’il fallait définir votre jazz, ce serait donc chaleureux et familial ?

En tout cas, je tenais à ce que tout un chacun puisse écouter mes compositions. J’aime écouter de la musique plus intellectuelle, mais ce n’est pas ce que j’ai voulu faire. Pour le moment du moins, je préfère composer de la musique qui fait danser, qui donne un rythme, quelques idées mais qui reste accessible à tout le monde.

 

Le 19 avril vous sortez votre premier album, Deep Space Adventure. Un album concept sur un voyage dans l’espace. Comment est venue cette idée ?

J’adore tout ce qui est en lien avec l’espace, c’est donc quelque chose qui est venu naturellement, avec le temps ces deux dernières années, depuis que j’ai sorti mon EP, The Butterfly Effect. J’avais quelques idées, j’ai trouvé chouette de les réunir sous une idée globale et de développer davantage ce concept de voyage spatial. J’aime bien chercher des ambiances précises, créer des environnements sonores, m’inspirer d’images qui me parlent. Je me suis beaucoup inspirée de photos pour cet album, c’est le cas, entre autres, du single qui est déjà sorti, Pale Blue Dot, pour lequel je me suis inspirée d’une photo de la NASA ; la dernière photo prise par la sonde Voyager 1, au moment où elle quittait le système solaire. On voit un tout petit point, la Terre, dans un noir total.

« Je sais exactement comment je veux que le live sonne : Je veux que ce soit plus rentre-dedans ! »

 

En plus d’être compositrice, vous êtes guitariste ; et si la guitare est bien présente dans l’album, mais on sent, tout au long de ces 46 minutes, que vous tenez à laisser beaucoup de place à vos camarades. Comment travaillez-vous la composition ?

C’est très important pour moi qu’on travaille ensemble. Je trouve qu’on entend toujours le fonctionnement d’un groupe, la communication entre ses membres, tout ce qui est humain, à travers la musique. Dans notre cas, je fais mes compositions, mais je n’écris pas la partition des autres membres du band de manière précise. Je leur donne une partition avec toutes les informations qui sont importantes pour moi – une base rythmique, une base harmonique, un schéma global du morceau… – puis je leur dis :  « jouez comme vous le sentez, on verra bien ce que ça va donner ». C’est comme ça que, avec leurs propres influences et leurs idées, ils vont enrichir ce que moi j’avais prévu. Je trouve très important d’inclure le son des autres musiciens.

Ce qui est aussi surprenant c’est que, pour des compositions jazz, les morceaux sont assez courts, entre 4 et 6 minutes si on laisse de côté l’intro et l’outro. Ce sont des durées plutôt pop ou rock que jazz, non ?

Je ne sais pas, peut-être. C’est venu comme ça. Et je trouve que ces durées se prêtaient bien à ce concept.

La release est prévue au CAPE d’Ettelbruck, qu’avez-vous prévu à cette occasion ?

Nous allons jouer tout le nouvel album, mais avec encore plus de passion et de folie. On se connaît mieux entre membres du quartet que lors de l’enregistrement, on se fait plus confiance, ce qui crée une belle cohésion sur scène. Et puis, je sais exactement comment je veux que le live sonne : Je veux que ce soit plus rentre-dedans !

 

Deep Space Adventure, disponible à partir du 19 avril. En CD et sur les plateformes musicales.

Release party le vendredi 19 avril à 19 h au CAPE d’Ettelbruck.

https://www.vedabartringer.com

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